Les principaux profils recherchés
Pas de profil de technicien donc, mais plutôt des généralistes. Les principales caractéristiques requises sont un profil commercial, car de nombreuses franchises requièrent de se créer une clientèle voire de prospecter pour dénicher les clients. Un profil de gestionnaire : les franchisés doivent comprendre et savoir gérer l’aspect financier des entreprises qu’ils créent et être à même de prendre les décisions nécessaires dans ce domaine. Un profil de manager : dans de nombreuses franchises, il est nécessaire de gérer des équipes et si le recrutement est parfois pris en charge, il est souvent décisif de savoir motiver les troupes et les fidéliser, ce qui n’est pas donné à tous.
Pourtant, certaines enseignes acceptent d’ouvrir leurs contrats de franchise à des investisseurs qui annoncent dès le départ ne pas souhaiter s’impliquer au-delà de l’aspect financier.
L’intérêt de recruter des investisseurs
Des franchises de plus en plus nombreuses cherchent à attirer les investisseurs, les raisons sont diverses :
Le principal est bien entendu le besoin de développer plus rapidement leur réseau. Nombre de candidats ne peuvent financer en totalité ou en partie l’aventure en franchise et les investisseurs permettent ainsi de mener à bien les ouvertures. De plus en plus de franchises ont mis en place des systèmes performants, c’est souvent l’argent qui manque, le fait d’accepter les investisseurs permet de mettre ne relation des investisseurs avec des personnes compétentes qui cherchent à s’épanouir dans une structure où ils peuvent bénéficier d’une indépendance véritable.
L’intérêt pour les investisseurs
De l’autre côté de la barrière, les investisseurs sont assez nombreux. On trouve des profils variés entre financiers à la recherche de rentabilité, cadres retraités ou disposant d’argent disponible suite à des primes, un héritage ou un heureux coup du sort. Ces personnes n’ont pas pour autant envie de s’investir personnellement en temps de travail, si ce n’est à titre de contrôle global au niveau de la gestion. Une surveillance minimale pour surveiller la rentabilité. Il peut également s’agir d’individus qui investissent pour installer un proche ou une relation sur laquelle ils savent pouvoir compter.
Les motivations sont donc diverses mais le but ultime reste la recherche de rentabilité. Les investisseurs pensent « placement ». Ils savent que leur capital restera bloqué pendant un certain temps, généralement plusieurs années, avant de pouvoir vraiment être profitable, mais après tout cela est aussi le cas pour une assurance-vie.
Lorsque l’on dispose d’un capital, l’investir dans une implantation en franchise est donc une bonne option à partir du moment où l’on sélectionne avec soin la franchise et l’on est susceptible de mettre en place une équipe de valeur.
L’équipe peut être déjà connue de l’investisseur lui-même, mais de nouveaux franchiseurs ont mis en place des processus avec des cabinets de recrutement permettant de choisir des candidats présélectionnés pour les investisseurs.
Les avantages sont les suivants : le retour sur investissement rapide, généralement de 2 à 5 ans, la constitution d’un patrimoine via la propriété de l’entreprise franchisé - certains marchés présentant d’excellentes perspectives de marge. Le taux d’échec en création d’entreprise est moins élevé en franchise qu’en tant qu’indépendant. Les franchises demandent un business plan précis permettant de valider l’opération en connaissance de cause. Le franchiseur n’est pas le seul à souhaiter que l’aventure se passe bien, le franchiseur aussi !
Limiter les risques
Le risque existe donc bel et bien puisque l’on parle de création d’entreprise mais il est possible de le limiter en choisissant l’enseigne avec soin. Le choix est large, les franchises sont à présent sur de nombreux secteurs de l’économie, y compris les services. Il est clair que les taux de marge sont différenciés. Il convient donc de bien examiner les marchés sur lesquels il est possible de s’orienter.
Certaines franchises en sont venues à créer des contrats spécifiques pour les investisseurs présentant des garanties de rentabilité, un bon retour sur investissement, parfois des possibilités de défiscalisation, ainsi qu’un accompagnement spécifique. Ces contrats bénéficient également de l’assistance de cabinets d’experts-comptables et de recrutement.
En ces temps de piètre rendement des plans boursiers, de crise non totalement résolue, les investisseurs cherchent de nouvelles solutions. Il est clair que les enseignes en franchise sont une opportunité intéressante dans le cadre d’une diversification de son portefeuille.
Des réseaux sensibles aux investisseurs
Seules quelques franchises ont vraiment compris tout l’intérêt d’avoir recours à des investisseurs. La plupart souhaitent recruter uniquement des personnes qui non seulement soient impliquées financièrement mais aussi personnellement au quotidien dans l’entreprise qu’ils créent. Le mouvement est pourtant lancé. D’ores et déjà, la plupart des franchiseurs acceptent la multi-franchise, voire l’encouragent. C’est d’ailleurs ainsi que les grands réseaux d’indépendants de la grande distribution se sont construits.
Si l’on connait toujours des fondateurs de franchises individuels et charismatiques, on trouve aujourd’hui de nouveaux profils de franchiseurs plus opportunistes et qui mettent en place un concept, le déclinent en gérant le tout comme un centre de profit classique. Leur objectif est de pratiquer un développement accéléré afin de garantir une prise de part de marché rapide.
Deux exemples gagnants :
MIKIT
La société de construction de maisons individuelle a choisi depuis déjà 5 ans de faire appel à des investisseurs afin d’augmenter son rythme de développement.
Le franchiseur a donc réfléchi à une nouvelle démarche afin d’appâter cette nouvelle cible. Un contrat spécifique a été mis en place qui présente des garanties de rentabilité, un excellent retour sur investissement ainsi que des possibilités de défiscalisation. Un accompagnement spécifique est également prévu afin que le candidat n’ait pas à se soucier de la gestion opérationnelle.
En contrepartie, l’investisseur doit disposer d’une somme minimale (au minimum 100 k€, mais compter plutôt 150 k€), dont un tiers pour le capital de la société. Il doit aussi prévoir environ 60 k€ pour les droits d’entrée ainsi que l’aide apportée systématiquement en terme de recherche de terrain ou d’aide au recrutement entre autres. En bref, une offre clé en mains qui peut rapporter gros.
INTERMARCHE
Intermarché, qui fait partie du groupe des Mousquetaires, est l’un des leaders du marché français. Le premier Intermarché s’est ouvert en 1969 et le groupe poursuit son expansion grâce à la franchise. Il existe aujourd’hui 2000 Intermarché dans le pays.
L’enseigne historique du Groupement des Mousquetaires offre un concept de magasin alimentaire fréquenté par plus de la moitié des foyers français. Spécialiste des prix bas sur une offre complète, Intermarché est l’un des leaders de la distribution alimentaire en France et se différencie des autres enseignes par sa politique de prix, son service clients et par sa surface de vente de 2000m2 en moyenne. La franchise s’adresse soit à des chefs d’entreprise indépendants qui s’investissent dans leur magasin, soit à des investisseurs ayant un apport personnel minimum de 200k€. Les atouts qu’offre l’enseigne : codiriger l’entreprise commune, bénéficier de la notoriété d’une enseigne populaire, s’appuyer sur la puissance d’un grand groupe de distribution, s’approvisionner via des centrales d’achat européennes, nouer des contacts avec 1200 PME/PMI locales garantes de la qualité des produits du terroir, maitriser les coûts et la qualité des produits grâce à 60 unités de production agroalimentaires intégrées, bénéficier d’une logistique de pointe (2300 camions, 39 entrepôts en France), se lancer dans la création d’entreprise après 6 mois de formation et de stages internes.
Une réelle opportunité
Le modèle économique de la franchise intéresse les investisseurs du fait qu’il s’agit d’un concept qui est facile à appréhender. La loi des nombres s’applique et plus les franchisés sont nombreux dans un réseau, plus le franchiseur dispose de moyens pour faire connaitre son enseigne et les deux mouvements contribuent au développement de l’entreprise dans sa globalité. Les nouvelles technologies peuvent rapporter gros mais présentent de gros risques. La franchise est à cet égard une technique attrayante et pourrait devenir un placement assez classique dans le futur.