Les salons de coiffure restent encore souvent dans les mains des indépendants mais la part de marché des franchises ne cesse d’augmenter. Le marché de la beauté reste l’un des plus actifs en termes de progression, cependant depuis 2 ans les salons sont impactés.
Les tendances du marché
Si les femmes continuent à fréquenter les salons, les budgets se sont vu restreints et les visites se sont clairement espacées dans le temps. De même, les colorations faites à la maison représentent un segment qui progresse, spécialement dans les foyers de revenu modeste. Les catégories supérieures restent toujours les catégories privilégiées des salons. Autre tendance qui concerne toujours la franchise, les salons de coiffure proposent de plus en plus de soins annexes, avec instituts de beauté, manucures, maquillage essentiellement.
Le nombre de réseaux en franchise dépasse la centaine dans la coiffure, soit presque 7000 salons au global en 2008. Cela parait beaucoup mais en réalité, ce chiffre correspond à environ 10% du nombre total de franchisés. Le nombre de salons est estimé à environ 70 000, une densité exceptionnelle !
Bilan des années 2009-2010
Nous l’avons vu, les clients doivent procéder à des arbitrages en termes budgétaires et le marché a montré des signes de faiblesse d’après le Secrétaire Général de la Coiffure. Moins 3% en volume et mois 1,6 % en valeur, et contrairement à d’autres secteurs, la situation ne s’est pas améliorée sur le premier semestre 2010. Non seulement les visites des clients se font plus rares, mais le secteur annexe qui consiste en la vente de produits est également en chute.
De ce fait, il est probable que la segmentation de l’offre va se poursuivre. Plusieurs tendances sont dans l’air : le côté écologique, le côté bien-être ; la contrainte étant que cela ne doit pas trop impacter sur les prix étant donné la situation économique. Autre préoccupation des franchiseurs : parvenir à trouver des emplacements n°1, ce qui devient de plus en plus difficile, car la densité des salons est déjà très élevée. Un marché qui est donc assez complexe, ce qui permettra aux vrais entrepreneurs de trouver les idées du futur.
Quelques grands noms de la franchise
En franchise, plus besoin ou presque de vous présenter les grands réseaux qui se disputent des parts de marché sur des créneaux plus ou moins ciblés, du haut-de-gamme au discount.
DESSANGE
Un grand nom de la coiffure depuis 1954 ! L’enseigne a beaucoup évolué depuis toutes ces années. La marque travaille essentiellement sur le haut-de-gamme. Le leader de la haute coiffure dans le monde est aussi particulièrement rentable du fait que ses produits sont également vendus en grande distribution.
Le groupe travaille sur le nom de son fondateur. Quelques 220 salons qui ont tous installés peu à peu des instituts de beauté dans les différents centres, la manucure et la beauté des pieds étant déjà en route depuis quelques années. C’est ce que l’on nomme le concept de la « beauté globale ».le groupe travaille aussi sur 2 autres marques : Camille Albane et Frédéric Moreno qui sont positionnés sur des cibles différentes.
Une réorganisation efficace
Depuis 2008, la marque qui était familiale appartient à 65% à la société d’investissement OFI Private Equity Capital. Parallèlement, une réorganisation a eu lieu. La société a été transformée en SA avec Directoire. Le fondateur âgé de plus de 80 ans a depuis quitté ses fonctions officielles, mais reste actionnaire. C’est son fils Benjamin, ex-Directeur Général, qui a été nommé Président du Directoire, qui rassemble aussi Frédéric Moreno, le DG de la division Franchise France, ainsi que Bernard Sagon, le DG en charge de la division Franchise Export. Le président du Directoire d’OFI PE est devenu le président du conseil de surveillance de Dessange International.
Un nouveau challenge pour un groupe qui inclut plus de 1000 salons dont 40% sont implantés à l’étranger. Le volume d’activité cumulé à la marque dépasse les 700 m€ de CA, le CA du groupe s’élève à 54 m€ en 2008, une excellente performance compte tenu du contexte.
Le groupe commercialise plusieurs marques : Dessange Paris, Camille Albane, Phytodess, Natural Pigma. Sans oublier l’accord de licence entre Dessange International et le groupe L’Oréal. Ce dernier est le fournisseur des marques Dessange et Frédéric Moreno, tandis que c’est Procter & Gamble qui fournit Camille Albane.
TCHIP COIFFURE
Tchip, comme son nom l’indique, du moins phonétiquement, se situe sur le segment discount de la coiffure. L’enseigne très dynamique continue son développement, toujours au sein du groupe Vog Coiffure. Le slogan est clair : vivre mieux, payer moins !
La preuve en est que l’enseigne a ouvert 78 salons en 2010, par création ou rachat à la concurrence, comme cela a été le cas en novembre avec le rachat de 7 salons dans le département du Nord.
Le concept a été construit sur 4 forfaits nets sans suppléments et sans rendez-vous. Les couleurs acidulées et le mobilier ont été étudiés pour que l’on reconnaisse aisément l’enseigne qui commercialise également des produits à marque L’Oréal Professionnel et Kerastase. Pour les candidats, l’enseigne s’annonce également comme étant discount avec des droits d’entrée assez faibles, de l’ordre de 8 000 euros et un montant de redevance mensuelle fixe de 750 euros HT.
Tchip a été fondé par Franck François, entrepreneur autodidacte, en 1996. Le but était clair: lutter contre les prix bas de la concurrence. L’ascension de l’enseigne a été extrêmement rapide, avec l’ouverture de 100 salons dès 1999. Aujourd’hui la marque inclut 330 salons en France et 5 en Belgique. Le réseau a participé au dernier mondial de la coiffure et recueilli plus de 160 contacts en 3 jours.
FRANCK PROVOST
Les années 70 ont permis à de nouvelles enseignes de s’installer sur le segment de la coiffure. Ce fût notamment le cas pour Franck Provost qui a créé son premier salon en 1976 avec un succès hors pair puisque l’on compte aujourd’hui environ 500 salons dans une vingtaine de pays. Bien évidemment, le groupe ne cesse de recruter.
L’enseigne appartient au groupe Provalliance, toujours dirigé par Franck Provost. 10 marques sont sous son giron. Le développement s’est fait pas à pas, grâce à la passion du métier éprouvé par l’entrepreneur.
Le fondateur évoque 3 grandes étapes dans sa vie professionnelle :
- Avant 75 où Franck Provost approfondit sa formation
- De 75 à 95 : création du premier salon et de 25 succursales
- Après 95 : la naissance de la franchise avec des fondations solides. La franchise connait un développement rapide mais insuffisant. A partir de 2000, le Groupe passe à la vitesse supérieure avec le rachat de petits réseaux régionaux jusqu’à la reprise de Jean-Louis David et de Sainte-Algue, lui donnant une nouvelle dimension.
Le droit d’entrée s’élève à 10 k€ et les redevances mensuelles varient en fonction de la zone géographique et de l’implantation en centre commercial ou non. Les montants sur Paris sont de 1200 ou 1600 euros, en région parisienne 1050 ou 1450 euros et en région 900 et 1300 euros.
ERIC ZEMMOUR
Le coiffeur de prestige de la Côte d’Azur est aussi l’un des 7 ambassadeurs de L’Oréal Professionnel en intégrant l’équipe de création de la Haute coiffure française. Il a lancé son enseigne il y a 15 ans et sa franchise il y a 4 ans.
Le salon historique se situe à Nice. D’autres salons ont essaimé dans les alentours, Monaco, Menton ou Cannes, mais aussi Monastir ou Dubaï. Clairement inscrit sur le haut de gamme, le jeune provençal a lui aussi la passion du métier et inscrit son action sur la planète people. Il souhaite rester sur un niveau à taille humaine, afin de pouvoir transmettre vraiment son savoir-faire tant en coiffure qu’en conseil. Le sens du service et l’hygiène irréprochable font aussi partie des valeurs que le coiffeur souhaite transmettre en restant dans le domaine du luxe.
L’entrepreneur recrute des coiffeurs d’expérience susceptibles de donner un accueil personnalisé à leurs clients, quelque soit leur nationalité. Une charte commune a été mise en place afin d’adhérer à une démarche de groupe permettant de suivre une clientèle exigeante et internationale.