Le souci n°1 de plus de 50% des porteurs de projets est le « besoin d’argent ». Le fait de s’appuyer sur l’expérience d’une franchise est généralement considéré comme un plus lors de cette étape de recherche des capitaux.
L’importance du réseau
Le fait de souhaiter adhérer à un réseau de franchise est vu comme un point positif parce que le projet peut s’appuyer sur une expérience de réseau, ce qui rend plus crédible le budget prévisionnel établi pour le dossier financier. En effet, le siège de l’enseigne dispose des chiffres d’affaires des franchisés et, en fonction de la zone de chalandise, peut ainsi aider le porteur de projet à établir ses prévisions sur une base très concrète. Une aide du franchiseur est donc possible tant au niveau comptable au moins au départ, qu’au niveau de la recherche d’un local adapté, si le besoin s’en fait sentir au niveau de l’entrepreneur. De plus, le franchiseur a pour objectif la réussite de ses franchisés qui consolide sa propre réussite, il n’a donc pas intérêt à donner des informations erronées (car trop optimistes), car cela risque de mettre en péril l’avenir de sa marque.
Autre point essentiel : les investisseurs éventuels savent qu’une sélection a été effectuée au niveau du profil du candidat et de ses capacités à réunir les fonds. En effet, les franchiseurs vérifient au départ la capacité du nouveau venu à réunir la mise de fonds initiale.
Trouver les financements
1. L’apport personnel
Il est indispensable. Il peut s’agir d’utiliser les fonds d’une rentrée ponctuelle comme la vente d’un bien ou d’un terrain, profiter d’une succession ou encore débloquer une assurance vie, un plan épargne logement, un plan épargne entreprise (même s’ils ne sont pas arrivés à terme). Il peut aussi s’agir de l’argent en provenance de la famille.
Il est ainsi possible pour les parents et grands-parents de procéder à une donation d’argent si la somme n’excède pas 30 000 euros sans avoir à payer de droits de mutation, et ce jusqu’au 31 décembre 2010.
De même, les amis et relations peuvent aussi participer à l’aventure et bénéficier d’une niche fiscale : la réduction de l’impôt sur le revenu est équivalente à 25% des versements effectués dans la limite de 20 000 euros par personne. Et au cas où les choses se termineraient mal, ces actionnaires spécifiques peuvent déduire de leurs revenus la perte en capital avérée (jusqu’à 60 000 euros) en cas de cessation de paiement de la société.
L’apport personnel doit se situer entre 30 et 50% du montant du financement total nécessaire. Les droits d’entrée, royalties en particulier doivent être financés à titre personnel.
2. Les banques
Inutile de commencer par les sources les plus complexes à mettre en oeuvre. Une fois son apport personnel clairement établi, la banque habituelle du créateur ou toute banque d’affaires est un interlocuteur possible. La recommandation d’un ami ou du franchiseur auprès d’une agence peut faciliter les choses, ainsi que le fait d’être déjà propriétaire et de ne pas avoir de prêts importants en cours. De nombreux futurs entrepreneurs ne consultent pas plusieurs banques en même temps, par faute de temps, or cela est indispensable.
3. Les sources de financement publiques
Une fois l’apport personnel défini, prêt bancaire ou pas, il manque parfois de l’argent. Des sources bénéficiant de taux bonifiés existent. Pourquoi ne pas explorer ces possibilités plutôt que de chercher à compléter via des solutions de prêts à la consommation qui sont faciles à mettre en place mais sont en contrepartie particulièrement onéreuses ?
• Le PCE pour les projets modestes Le Prêt à la Création d’Entreprise s’adresse au entreprises en création ou qui ont moins de trois ans d’existence. Il peut aussi s’appliquer aux projets de reprises et aider à financer la reprise d’un fonds de commerce. Mais il faut savoir qu’étant peu élevé, il s’adresse en priorité aux petits projets. Il peut cependant être un complément nécessaire pour boucler la totalité du financement. Les sommes allouées vont de 2 000 à 7 000 euros, à condition que l’entreprise ait la possibilité de bénéficier d’un prêt bancaire d’un montant au moins équivalent, si la création se fait dans une zone sensible urbaine, sinon le montant du prêt doit être au minimum deux fois plus élevé que le PCE avec un plafond de 45 000 euros, car le prêt s’adresse aux petites entreprises. Cependant ce prêt ne doit pas être déjà en cours lors de la demande.
• Les prêts d’honneur et les réseaux La principale caractéristique du prêt d’honneur est qu’il s’agit d’un prêt à la personne.
• France Initiative Réseau est l’un des principaux acteurs et dispose d’antennes régionales sur toute la France (www.fir.asso.fr).
• Le réseau Entreprendre est l’autre grand du secteur, www.reseau-entreprendre. org. Il dispose de ses propres bureaux en France et outre-mer. Le réseau est particulièrement orienté sur les créations dans le domaine social, du service à la personne ainsi que de la technologie innovante.
• France Active, (www.franceactive.org), a pour mission quant à elle d’accompagner les personnes en difficulté à développer leur projet. Elle est l’un des acteurs de cette économie sociale qui reste très active en termes de création.
• Enfin l’Association pour le droit à l’Initiative Economique, www.adie. org, prête uniquement aux petites structures, pour des microcrédits, en particulier si l’entrepreneur est demandeur d’emploi ou allocataire du RMI. La durée de ces prêts d’honneur est de trois à cinq ans, mais il convient de s’adresser directement à ces organismes afin d’obtenir les critères d’admission exacts, ainsi que les montants prêtés possibles.
4. Les sources de financement privées
• Les business angels et le capital risque Les business angels sont un rassemblement de personnes physiques qui investissent leur propre argent dans des entreprises nouvelles ou déjà existantes mais considérées comme étant à fort potentiel. Ils interviennent personnellement dans l’entreprise ou dans son démarrage, non seulement financièrement, mais en passant du temps avec le créateur, en le faisant profiter de leur réseau relationnel, de leurs conseils, de leur connaissance des prix fournisseurs ou clients, etc. En bref, le business angel ne doit absolument pas être considéré uniquement comme une simple source de financement. Pour en savoir plus : www.franceangels.com et www.femmesbusinessangels.
• Les boutiques de gestion Chaque région compte au moins une boutique de gestion, association loi 1901, qui accompagne les créateurs d’entreprise en les aidant pour solliciter et remplir les dossiers de demandes en subventions et aides financières diverses. Pour en savoir plus : www.boutiques-de-gestion.com
5. Autres sources possibles
a. les caisses de retraite
La plupart des caisses de retraite ainsi que le régime général accordent des aides sous forme de conseils en particulier pour les plus de cinquante ans, et les retraités. Car l’on peut tout à fait créer son entreprise en étant retraité, d’autant que certains métiers permettent de partir de façon précoce. Les conseils sont particulièrement précieux afin de se renseigner sur le bon statut à adopter et de ne pas perdre les avantages acquis par ailleurs.
Quelques sites sur le sujet : www.egee.asso.fr, www.pivod.org, www.ecti-vsf.org.
b. Les concours et les fondations d’entreprise
Si les possibilités sont assez nombreuses, il faut dire que les candidats à la franchise ne sont pas toujours éligibles du fait qu’ils sont déjà soutenus par le franchiseur et la puissance d’une marque. Cela peut cependant être le cas, surtout s’il s’agit d’un nouveau concept ou d’une franchise pionnière.
Pour en savoir plus : www.concours-talents.com, www. creacc.com, www.recherche.gouv.fr, www.enviedagir.fr
c. Le Fonds de revitalisation économique
Ce fonds intervient en particulier dans l’aide en démarrage sous certaines conditions : le projet doit inclure un personnel d’au moins cinq salariés, être installé dans une zone urbaine sensible et être assujetti à la taxe professionnelle.
Il est donc assez difficilement accessible pour la plupart des franchises. La demande doit être faite à la préfecture.
6. Les systèmes d’exonérations
Enfin, il convient de ne pas négliger des sources d’économie, qui ne sont pas des financements à proprement parler, mais des économies importantes sous la forme d’aides sociales et d’exonérations. Les dispositifs bien connus tels qu’Eden et Accre pour les demandeurs d’emploi sont accordés à condition que les conditions soient remplies, il est intéressant de faire les demandes simultanément avec un PCE par exemple, étant donné que les dossiers de présentation sont assez similaires.
7. Les garanties
Un point important à ne pas oublier : les systèmes de garantie sont appréciés des banques. Pour cela, l’idéal est de contacter Oseo (www.oseo.fr), ou la Siagi qui intervient en particulier pour les commerçants (www.siagi.fr) ainsi que le réseau France Active.
Les possibilités de financement sont donc nombreuses mais il faut en convenir : les financements ont deux piliers principaux pour la franchise sans lesquels rien n’est possible : l’apport personnel et le complément via l’emprunt. ■